Mort du traducteur Freddy Michalski

21 mai

Les Éditions Rivages sont désolées d'apprendre la mort du grand traducteur Freddy Michalski.

Un message de François Guérif, fondateur de la collection Rivages Noir :

C'est Pierre Bondil qui m'a présenté Freddy Michalski, il y a 34 ans de cela. Je cherchais quelqu'un qui puisse donner une voix française à un nouvel auteur jugé difficilement traduisible, un certain James Ellroy. Freddy releva le défi, d'autant plus ardu que le délai était court. La suite, on la connait : Lune sanglante fut publié en mai 1987, le numéro 27 d'une collection encore à ses débuts, Rivages Noir. Jean-Patrick Manchette en fit la chronique dans Libération quelques semaines plus tard, saluant au passage le travail de Freddy, et fut à l'origine du succès d'Ellroy, qui ne s'est jamais démenti, et par contrecoup de la collection.

Des auteurs difficiles, Freddy en a accompagné beaucoup. Citons, chez Rivages, James Lee Burke, Jim Nisbet, Charles Willeford, William Mc Ilvanney, Edward Bunker, et, chez nos collègues, Don Winslow, Chuck Palahniuk, Robert Sims Reid, Chris Offutt, Tom Miller, Eoin McNamee... Je m'arrête là, mais la liste est plus longue. Et il me plait de savoir que, ces dernières années, il se "détendait" à traduire Mark Twain pour un éditeur de ses amis : L'œil d'or.

Freddy était une force de la nature, doué d'un solide appétit pour la vie et le travail, curieux de tout et toujours désireux d'apprendre. J'ai sous les yeux un de ses tableaux, et je sais que dans sa maison de Dordogne il avait construit plusieurs de ses meubles et se passionnait pour son jardin. Ceux qui l'ont connu se souviennent de son regard bleu derrière ses lunettes et de son rire ravageur et communicatif.

Freddy a laissé sa marque dans l'histoire de la traduction. Un hommage devrait lui être rendu à la rentrée à La Maison de la Poésie.

François Guérif